Inde du sud le blog de voyage | KST Tours
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lundi 2 janvier 2017

Interview de Christian Duroule directeur KST Tours

équipe kst tours kerala



Interview de Christian Duroule directeur KST Tours réalisé par Pascal Falcone 

Vous souvenez-vous de votre premier voyage en Inde ?

 C’était en 2007, après quelques années d’hésitation... Les images stéréotypées diffusées par les médias trottaient dans ma tête : pauvreté, mendicité, surpopulation, ghettos, contrées arides... Autant de repoussoirs pour un voyageur en quête de nouveaux paysages, d’animaux sauvages, de rencontres simples et sympathiques. Mais mon associé dans la chambre d’hôtes que nous gérions en région toulousaine, Michel, sut éveiller mon intérêt et me convaincre de tenter l’aventure indienne en évoquant la différence du sud, avec son climat tropical, ses éléphants et ses plantations : qui du thé, café, poivre, cardamone, muscade, cannelle, girofle et tant d’autres, suggéraient à mes papilles des saveurs épicées et mystérieuses pour moi qui n’en connaissait que les sachets d’emballage sans vie. Le premier voyage fut un voyage d’initiation, un simple survol de 3 semaines. Fort Kochi, les backwaters, Munnar, Thekkady, Madurai et Pondichéry. Mais déjà les couleurs, la dynamique de la vie d’ici, les sourires, la joie apparente, suscitaient l’envie d’en savoir plus. Ce premier voyage a attisé ma curiosité. Au-delà des paysages magnifiques de Munnar et des backwaters de Kumarakom, de l’effervescence des villes, de quelques temples surprenants, de ces vêtements aux couleurs exubérantes, je voulais en voir plus, en connaitre davantage sur ces gens si accueillants d’un prime abord. J’ai donc planifié un second voyage dès l’année suivante !

Quel voyageur étiez-vous ?

Un voyageur curieux de tout, en quête de découverte de mondes nouveaux, avec un intérêt plus marqué pour la nature, mais aussi curieux des gens.

Pourquoi décider de créer une agence de voyages spécialisée dans le Kerala ?

 Nous avons commencé par le Kerala mais avons rapidement étendu notre connaissance aux états voisins, le Karnataka et le Tamil Nadu. Une vision différente du métier Notre choix a été dirigé par notre volonté de partager ce que nous aimions. Notre vision du métier d’agence de voyage n’est pas le même que celui des agences de voyages classiques installées en France qui commercialisent des voyages pour des dizaines de destinations. Comme tous ceux qui ont décidé de s’expatrier dans un pays lointain, notre motivation première est le partage de ce que l’on aime. Permettre à d’autres de découvrir ce qui nous tient à cœur : tout un pays, ou une région d’un pays. Et le seul moyen de partager cela est de vivre sur place pour vivre au quotidien au milieu des locaux, décrypter les différences de culture, pour explorer la région. Des relations directes avec les acteurs locaux du tourisme Je tiens à visiter moi-même les hôtels, à tisser des relations avec eux, rencontrer les chauffeurs, les guides, ceux qui proposent des activités. Je souhaite expérimenter ce que je propose et entretenir une relation directe avec tous les acteurs locaux. Chacun ici sait qui je suis, connait ma façon de faire voyager et ce que j’attends d’eux. Nous travaillons ensembles au quotidien. Pour être un spécialiste, il n’était donc pas concevable de couvrir un pays aussi grand que l’Inde, représentant plus de 5 fois la France, offrant aussi bien les montagnes de l’Himalaya que des déserts brûlants ou des régions tropicales couvertes de cocotiers. Mes goûts personnels allant davantage aux tropiques qu’aux grands froids, à la nature et aux villages, qu’aux grands monuments culturels, c’est tout naturellement que j’ai souhaité m’installer et promouvoir le tourisme en Inde du sud.

Quand et comment est née KST Tours ?

  L’idée de créer KST Tours est née dès le second voyage en 2008-2009. Un second voyage hors sentiers, préparé durant 2 mois et réalisé à moto avec mon associé Michel. Ce fut un voyage plein de surprises, de rencontres surprenantes lorsque l’on s’est retrouvé sur des chemins rocailleux improbables en montagne, ou avec des pêcheurs ne parlant pas un mot d’anglais mais nous invitant à partager un moment et de remonter leur lourd (très lourd ...) bateau de bois sur la plage, dans la nuit, le faisant difficilement glisser sur des rondins de bois, à la lueur d’une simple lampe à huile ! Ou bien lorsque nous nous sommes retrouvés dans un festival hindou, forme de cérémonie religieuse emprunte de fête de village. Une fête à laquelle nous étions les premiers étrangers à participer, et où nous nous sommes retrouvés traités comme de hauts dignitaires, escortés par les organisateurs, assis à la tribune des invités d’honneur puis invités à danser sous des projecteurs halogènes surpuissants tout en étant filmés par la télévision locale ! Cette ambiance, cet accueil partout chaleureux, cette douceur apparente de la vie au Kerala, les paysages superbes, le climat chaud toute l’année, l’abondance de fruits, légumes, poissons, viandes, le fait que quasiment personne n’avait encore entendu parler du Kerala en France, tout cela nous a décidé à venir ici avant même de terminer ce second voyage. Ce fut comme une évidence : il Fallait venir vivre ici et faire découvrir cette région si particulière de l’Inde à nos concitoyens français. Ce qui fut fait 1 an après, dès janvier 2010, après avoir terminé la saison touristique dans notre chambre d’hôtes et avoir vendu la propriété de Toulouse.
Michel connaissait l’Inde du sud depuis 25 ans, pour y avoir passé tous ses congés chaque année. L’Inde était donc déjà une passion de longue date pour lui et a facilité la décision de partir pour s’engager dans cette aventure. Il faut dire que partir s’installer en Inde relève toujours au 21ème siècle de l’aventure, d’autant que l’on se retrouve parmi les premiers étrangers à s’installer dans une petite région traditionnelle hors carte touristique !

Quelles sont les valeurs de KST Tours?

 Etre vrais, fiables, partager nos connaissances et faire plaisir avant tout ! Je considère que l’un de nos rôles principaux est d’être les yeux de nos voyageurs. Quel temps fait-il selon la période de l’année, à quoi s’attendre sur place, que penser de ce qui est dit dans les guides touristiques, est-il possible de sortir des sentiers battus,

Est-ce une destination pour les femmes seules ou les familles ?

 Lorsque l’on habite à 10.000 kilomètres et que l’on n’est jamais venu en Inde du sud, bien que l’information sur internet soit assez abondante, il est assez difficile d’imaginer ce que peut apporter un tel voyage, ce qu’il peut représenter en trajets, en détente ou fatigue. On trouve bien sur de multiples avis de voyageurs, mais chacun est venu dans des conditions différentes, à une saison particulière, avec un chauffeur particulier, et a vécu son voyage au travers de ce que l’agence française ou locale lui a proposé. Lorsque je parle à mes clients, je tente d’apporter des réponses qui leur permettent de choisir leur saison, de créer leur itinéraire selon leurs envies et leur budget, j’essaie de faire le lien entre leurs désirs et ce que l’Inde du sud peut leur offrir. Rien ne sert de faire de la promotion pour la promotion : lorsque ils viendront sur place, ils expérimenteront et jugeront nos choix ! Cette sincérité nous vaut 40% de notre activité pourvue par nos anciens clients, qui reviennent ou nous recommandent à leurs amis, collègues de travail et leur famille !

Nos valeurs sont des valeurs simples :
  •         Ne pas tromper le client ni sur les hôtels, ni sur les visites, ni sur le climat, ni sur les prix, Si surprises il y a elles doivent être bonnes !
  •          Donner des conseils avisés, sur l’Ayurveda, les plages, la nourriture, la sécurité.
  •          Être capable de proposer autre chose, au-delà des monuments, temples et sites touristiques connus de tous. Proposer aussi un autre regard sur cette région où l’on vit. Nous avons décidé de proposer nos voyages uniquement aux francophones de France, Belgique et Suisse. Nous les connaissons bien après les avoir accueilli pendant 5 ans en France dans notre chambre d’hôtes, dans laquelle ils restaient pour des séjours bien plus longs que la moyenne nationale, utilisant notre maison comme base pour découvrir toute la région Midi-Pyrénées. Une région que nous connaissions bien et où déjà nous préparions des programmes à la carte chaque jour.


Quel circuit illustre le mieux votre production ?

 Nos prestations concernent à 90% le voyage sur mesure. Nous avons néanmoins développé 11 circuits originaux qui ouvrent les portes de l’Inde du sud. Ils sont utilisés tels que par nos voyageurs ou comme base à la personnalisation de leur voyage. Le plus représentatif est « Le grand Voyage ». 19 jours, que nos clients décident généralement de porter à 22-23 jours, pour découvrir les incontournables :
   · Sites touristiques de Mahabalipuram, Thanjavur, Madurai, Mysore, Hassan et Hampi,
   · Anciens comptoirs de Pondicherry, Fort Kochi et Goa
   · superbes plantations de Munnar, les backwaters de Kumarakom Mais incluant aussi quelques destinations encore authentiques comme la région de Wayanad, région de café, de réserves naturelles et siège de la production du fameux poivre de Malabar, des villes traditionnelles comme Thrissur où nous guidons les voyageurs pour une vraie immersion et des cérémonies hindoues hors du temps, Calicut avec ses marchés, ou encore les superbes villages de Chettinad. Il y a bien plus à découvrir et nombre de nos clients réalisent un second voyage avec nous.





mercredi 10 août 2016

Tamil nadu hors sentiers région de Thiruvannamalai et Hogenakkal

Tamil nadu hors sentiers


Suite de notre périple avec Dheeraj, Jinesh et votre narrateur (!), Christian. Nous prenons ce matin la route de Tiruchirapalli (Trichy) vers Thiruvannamalai. J’ai déjà visité la ville et son grand temple dont l’architecture est proche de celui de Madurai. Mais j’y étais venu depuis Pondichéry et je n’ai pas idée de ce que la région entre Thiruvannamalai et Trichy peut nous réserver.

Après 1 heure passée sur l’autoroute de Chennai, nous empruntons une route de campagne tranquille. L’ambiance change instantanément comme si on basculait dans un autre monde. Les voitures déjà moins nombreuses au Tamil Nadu qu’au Kerala disparaissent quasiment au profit des motos et des chars à bœuf qui demeurent un moyen usuel de transport dans le Tamil Nadu rural pour acheminer les légumes, le fumier, la paille de riz,  mais aussi le sable de construction.

char a bœuf tamil nadu

char bœuf tamil

riziculteur tamil nadu


Le rythme de la vie ralentit, les campagnes sont propres et sans plastique, les champs sont bien entretenus avec des cultures variées comme le maïs, la canne à sucre, les haricots, les cacahuètes, les trucs noirs, les ladies fingers (appelé OKRA par les anglais et GOMBO en français), du riz bien sûr. Les terres arables, fines, riches, de couleur sombres et la possibilité d’irriguer les champs permettent à cette région de produire quasiment toute l’année des légumes et des céréales. Les champs de taille modestes sont fréquemment bordés de cocotiers et créent un joli paysage de campagne.

séchage mais tamil

mais tamil nadu


En bordure de cette route, nous longeons de petites huttes aux toits en palmes de cocotiers, avec devant chaque maisonnette au moins une vache. Chaque famille constitue sa réserve de paille de riz pour servir de fourrage. La paille est soigneusement empilée et forme de grands champignons qui jalonnent la route. Tout l’espace arable est gardé précieusement pour les cultures et l’espace à vivre est limité à son minimum. Nous avons définitivement basculé dans le Tamil Nadu rural bien loin de la modernité des grandes villes.



enfants route tamil nadu

Là où les terres sont plus pauvres et l’irrigation absente, la nature aride reprend ses droits et l’on discerne clairement des zones naturelles de rétention pour recevoir les fortes pluies de mousson. Nous nous arrêtons au niveau de l’une d’elles. Nous sommes en période sèche au Tamil Nadu et le grand bassin d’environ 10 hectares est quasiment à sec. De l’herbe rase a colonisé tout le bassin peu profond. Quelques rochers usés par les années gardent la trace des moussons passée et laissent imaginer une profondeur d’eau d’environ 2 mètres en saison des pluies. Nous faisons une balade dans cette prairie et montons sur le rocher central pour en avoir une meilleure vue. L’endroit est agréable avec comme souvent un petit temple perché sur le plus gros rocher des alentours.



lac tamil nadu hors saison des pluies

lac tamil nadu


lac tamil nadu asséché

kst tours kerala


Nous arrivons ensuite au lieu que j’avais repéré sur internet, sans trop savoir s’il serait d’un intérêt quelconque. Au milieu de nulle part, dans une sorte de petit bois, nous atteignons l’endroit signalé d’un portique. Il faut s’engager sur un chemin de terre et pénétrer dans le taillis sur 300 mètres avant d’arriver au portail du petit temple Ayyanar. C’est un ancien temple très simple comme c’est le cas des temples ayyanars. Ce sont les poteries dont certaines sont anciennes qui font l’attraction des lieux. Des chevaux comme dans la région de Chettinad mais aussi toute une ligne de tous petits éléphants, ce qui est plus rare.



ayyanar tamil nadu temple

temple ayyanar tamil nadu

L’usure et peut être quelques branches d’arbres ont eu raison de deux grandes poteries de chevaux magnifiques. Seule leur partie avant est intacte et montre encore les détails de la parure qui les habillait.

ayyanar temple chevaux


D’autres grandes statues représentant des chevaux et des éléphants mais aussi des militaires, aux couleurs très kitch trônent au milieu. Comme dans tous les temples ayyanars, il y a bien sur la statue d’un démon dont la mission est de chasser les mauvais esprits. La tradition et la croyance en ces esprits protecteurs se retrouve dans toutes les régions rurales du Tamil Nadu, mais surtout de Thiruvannamalai à Chettinad. C’est un joli endroit à visiter lorsque l’on séjourne à Thiruvannamalai.

ayyanar temple

ayyanar chevaux

ayyanar chevaux tamil nadu


Nous y rencontrons le gardien du temple, en charge de son entretien. Il s’agit d’une charge de famille. Le père étant décédé il y a quelques temps, le fils  a pris la suite. Il nous explique non sans un brin de regret dans le regard, qu’il avait suivi des études supérieures en Ingénierie et a dû abandonner tout espoir d’évolution sociale…
Nous prenons ensuite une petite route pour essayer de trouver un autre lieu que j’avais localisé. Situé à quelques kilomètres à peine, nous y arrivons en 5 mns.

voiture kst tours thrissur


Le décor a changé. Un lac et des rizières verdoyantes illuminent le paysage. Nous partons à pied sur chemin à travers les rizières. Les fermiers qui élèvent des vaches à lait ont trouvé place autour d’un grand bassin en pierre associé au temple. Tout autour de ce bassin c’est une étable de plein air qui profite de cet espace sans culture. Ce que j’avais vu sur internet n’était que ce grand bassin. Le temple quant à lui se résume à 3 ou 4 petites statues ayyanars. Mais je ne suis pas déçu. Emprunter ces petites routes pour s’enfoncer dans les campagnes renforce l’image de ce Tamil Nadu rural paisible que l’on ne pourrait imaginer si l’on restait sur les grands axes touristiques.

nature tamil nadu

chevaux ayyanar

tamil nadu mais

Nous décidons de poursuivre en direction des cascades de Hoggenakal. Encore 3h à 3h30 de route nous attendent et nous ne rejoindrons notre destination qu’à la tombée du jour.  Il nous faut avant cela nous aventurer sur des petites routes transversales aux axes routiers principaux et malgré le GPS, demander notre route à plusieurs reprises. Ce qui ne va pas sans surprise comme souvent, car si l’un vous envoie d’un côté un autre vous indiquera une direction opposée ! Nous parvenons enfin à rejoindre la route d’Hoggenakal et roulons vers cette destination inconnue de nous 3.
Le paysage reste identique jusqu’à ce que l’on passe un check post du département des forêts. Les 15 kms qui suivent traversent des forêts et de petites montagnes qui s’étendent jusqu’au pied des Ghats occidentaux, avec quelques panoramas magnifiques.

singe tamil nadu

Je suis un peu perplexe à l’idée d’arriver tard et de trouver porte close, devant rebrousser chemin sur 30 ou 40 kms avant de trouver éventuellement un hébergement quelconque. Il est 18h30 et nous voilà enfin arrivés. A ma grande surprise, on arrive dans une sorte de villages composé de lodges et de petits restaurants de rue où le poisson de la rivière est proposé aux touristes indiens, de boutiques et d’un temple dont les hauts parleurs vrombissent des chants hindous qui résonnent dans tout le village. Je ne m’attendais pas à ça !

Dès notre arrivée nous sommes arrêtés sur la route « Room, Room ! » On tente de nous arrêter tous les 10 mètres ! Au moins nous savons qu’il y a des chambres disponibles...
Nous parquons la voiture rapidement et décidons de faire un premier tour vers ces cascades avant la nuit.

route hogenakkal

vaches sacrées inde


L’endroit est assez étendu, un peu désordonné et nous ne savons pas trop vers où nous diriger. Nous arrivons finalement à un passage qui enjambe plusieurs torrents issus d’une même rivière qui a frayé plusieurs chemins dans la roche, créant plusieurs bras et cascades. Il y a un endroit pour prendre un bain dans la cascade, séparé pour les homes et les femmes. L’accès au pont de singe qui enjambe une des cascades est fermé … Nous partons alors en exploration en empruntant une ruelle qui semble descendre vers le bas de la cascade. Je suis impatient et excité comme toujours quand mes yeux se posent sur une terre inconnue. Arrivé dans le lit de la rivière je marche sur un chemin de sable entre les rochers. Le paysage est agréable dans cette gorge creusée pendant des milliers d’années. Mais il n’est pas possible de voir la grande cascade dont les photos ont marqué mon esprit. Nous verrons demain.

Nous prenons une chambre dans l’hôtel du gouvernement, situé au calme dans un grand jardin, à l’écart de l’enfilade de lodges où les familles indiennes dorment à petit budget. Ce sera plus calme. L’hôtellerie ne donne pas dans le 3* luxe, la salle de bain est des plus sommaires, mais le lit est propre, la climatisation fonctionne, il est possible de prendre une bière bien fraîche et l’on pourra diner. C’est l’essentiel !

Au matin, après un petit déjeuner typique : Pongal, idlis et vada (thé en supplément !) A la réception de l’hôtel, nous demandons tout ce que l’on peut faire ici. Pas de chance, depuis 10 jours c’est la grève des bateliers !
Donc pas de grande cascade, puisqu’il semble que l’on ne puisse y accéder qu’en barque…
Ce n’est pas pour autant que nous allons abandonner. J’ai bien compris qu’en Inde, il y a toujours une solution …


Dans la rue il y a comme sur tous les sites touristiques quelques rabatteurs. Jinesh qui parle un peu tamoul demande à l’un d’eux s’il y a moyen de faire quelque chose. Ils parlent, négocient et finalement, il nous propose une balade sur la rivière en coracle, ces embarcations rondes faites en bambous. Mais compte tenu de la grève, il faut organiser cela à l’indienne ! L’homme passe des appels sur son portable et après 10 mns un auto-rickshaw arrive. Nous allons partir à 7  kms en aval. Notre guide local passe devant en moto. La route étroite et cabossée longe la rivière, à travers la forêt. On s’arrête soudain au milieu de nulle part et notre guide part dans la forêt. Il en revient avec un coracle sur le dos. Il l’installe sur le toit de l’auto-rickshaw, parque sa moto sur le bas-côté et monte à l’avant de l’autorickhaw, à moitié assis à moitié debout...



coracle tamil nadu


On redémarre mais 3 mns après nouvel arrêt. Il repart en forêt et revient avec 1 rame cette fois-ci ! Après 5 mns de plus on nous fait descendre. L’auto sort de la route pour emprunter un chemin de terre en direction de la rivière qui s’est éloignée. Après le passage d’un large fossé, nous remontons et poursuivons sur un chemin chaotique entre les arbres. D’autres autos nous croisent. Nous ne sommes donc pas les seuls à prendre les chemins de traverse … Après 5 dernières mns de rodéo hors-piste, nous y voilà !



Waow ! La rivière Cauvery est l'une des sept rivières sacrées de l'Inde,elle est magnifique. Des rochers de couleur rose satinée bordent la rive, de beaux arbres plongent dans l’eau leurs grandes racines découvertes. Le calme est total. Il y a déjà quelques autres touristes indiens qui attendent de partir en coracle eux aussi. Notre guide local nous demande un supplément pour donner au garde forestier afin qu’il ferme les yeux ! Et nous voilà partis !




embarcation coracle inde

corable bateau inde du sud

jinesh kst tours coracle

rivière coracle inde

rapide rivière cauvery coracle


L’embarcation est des plus simples : des bambous tressés formant une coquille couverte d’une bâche plastique bitumée. Nous essayons de nous assoir sur les cannes de bambous les plus épaisses. A peine mis à l’eau, je vois de l’eau perler à travers la bâche … « No problem, no problem ! » nous dit notre guide local devenu pour l’occasion le pagayeur. No problem, je veux bien, mais si je dois nager avec mon appareil photo et mon portable dans l’autre main, ça va pas être pratique !
Le visage de Dheeraj, qui ne sait pas nager,  se décompose un peu … On verra bien !




Mais rapidement le plaisir que nous offre cette belle rivière nous fait oublier ces quelques gouttes d’eau. D’autant que nous approchons un petit rapide … Jinesh et moi sommes comme 2 gamins lorsque le coracle accélère. Il y a des petites vagues formées par les rochers affleurant que notre pagayeur éviter avec attention. Je pense effectivement que la simple bâche plastique de notre embarcation n’apprécierait pas de s’y frotter. Quelques petites gerbes d’eau volent et arrosent copieusement Dheeraj, bien sûr ! Cela ne dure que quelques instants avant de retrouver le cours paisible de la navigation.

bord de riviere tamil nadu hogenakkal


Notre guide local change de direction pour nous amener sous des arbres dont les branches affleurent l’eau. Il y a plein de fruits de la forme et la couleur d’une cerise noire. Il s’accroche et secoue les branches au-dessus du coracle. Des fruits tombent dans l’eau qui couvre maintenant le fond de la coque. Nous goûtons avec envie à ces fruits appétissants. Si la première goutte de jus semble agréable et fruitée, l’arrière-goût est âpre, presque tannique et il n’y a que très peu de chair autour d’un gros noyau. Bon, on a goutté !


fruits

fruits hogenakkal river


La rivière délimite la frontière entre le Tamil Nadu. Nous demandons à faire escale côté Karnataka dans un bel endroit, à l’opposé des touristes indiens qui se sont arrêtés pour prendre un bain. L’occasion de faire quelques photos supplémentaires et de vider le bateau !

jinesh dheeraj hogenakkal

ficus india

racines ficus inde

fleurs sauvages tamil nadu

coracle rivière tamil inde

rivière inde tamil nadu

papillons inde du sud


Puis nous terminons tranquillement notre balade. Je la recommande réellement car c’est l’environnement est verdoyant, beau avec les montagnes couvertes de forêts, il y a des oiseaux, des papillons et un calme reposant. De plus faire cela en auto-rickshaw puis en coracle ajoute une touche de piment (en Inde cela va de soi !)

Nous ne verrons pas aujourd’hui la grande cascade mais avons passé un moment très agréable et allons certainement ouvrir 2 nouvelles routes hors sentiers pour nos voyageurs.
Il nous faut maintenant regagner Thrissur à 7 heures de route …
En Chemin nous faisons tout de même un petit détour par une ville située au bout d’un très grand barrage. A la surprise générale, dans la vallée perdue au milieu des montagnes, à côté du barrage, nous trouvons plusieurs méga usines, métal, ciment, etc. et une centrale nucléaire. La région est très industrialisée à notre grande surprise car assez isolée …

Le barrage couvre la vallée assez large sur plus de 20 kms de long. Nous apercevons une tour à l’opposé du barrage et ce qui ressemble à un téléphérique. Intrigués, nous décidons de nous y rendre. Il s’agit en fait d’une attraction touristique, et le téléphérique n’est qu’une plateforme vitrée en forme de téléphérique d’où l’on a une belle vue panoramique.


mettur inde

mettur barrage inde


Il est temps de reprendre la route, qui sera longue encore cette fois...

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